Un week-end à AHERMOUMOU renommée RIBAT EL KHEYR
Soyez indulgents pour mes pauvres vieilles photos de 1977 (elles ont 30 ans déjà !!!) et de plus ... scannées ! Il est vrai que j'ai "dans les yeux" à jamais ce merveilleux paysage et que le rendu n'est pas génial. Veuillez m'en excuser.
Le 10 07 1971, à 5 heures du matin, deux promotions de l'école militaire royale de sous-officiers (1400 cadets), menées par le colonel Ababou, s'entassent bien armés dans une centaine de camions pour se diriger vers le palais de Skhirat (bord de mer à côté de Rabat) où Sa Majesté Hassan II va fêter ses 42 ans.
Sont présents à cette fête grandiose toutes les sommités du Maroc et même de l'étranger (environ 1000 invités). Les terroristes profitent que les convives déjeunent pur ramper dans le sable et encercler le lieu. C'est un vrai carnage : il y aura 250 morts. Le Roi a été épargné. (Documentation = Paris Match "Mémorial de notre Temps 1971".). La suite est "une autre histoire ...
Ahermoumou a donc été débaptisée sur ordre du Roi et s'appelle depuis Ribat El Kheyr (novembre 1977).
Nous nous étions fait un nouvel ami, « le toubib » , à Agadir et il nous avait invité avec des amis (et leurs deux chiens : Ulysse et Voltaire) dans son fief perdu, Ahermoumou (Ribat el Kheyr), nous en vantant la beauté.
Nous avions partagé avec lui de bien bons moments dans la ville reconstruite : une
course folle avec sa R4 décapotable, sa manière toute particulière de nous montrer
«ce qu'il avait dans le pantalon» (il ne portait pas de slip sous son short !) et la
merveilleuse ballade que nous lui avions faite faire à l'arrière d'une des motos sur
l'immense plage de Tarazout pour faire des huit sur le sable mais surtout
faire s'envoler les mouettes ! ...Le soleil se couchait, le ciel de novembre était
splendide et indescriptible et la plage totalement déserte. Cet instant magique
restera à jamais gravé dans ma mémoire !
Profitant d'un long week-end, nous avons pris la route pour « ce bout du monde », les deux motos tractées par notre Simca 1308. Dès après Salé, nous assistons à la fantasia du siècle (des milliers de cavaliers !) en plein champs de pâquerettes où les scènes pittoresques ne manquent pas : un cheval faisant le beau devant une maigre jument,
... les selles finement brodées d'or des cavaliers , les fusils à crosse d'argent et
les têtes enturbannées, ... tout est là pour ravir le regard.
A Khémisset, Ulysse, le chien de Daniel, nous réclame une sucette dont il est très friand !
Nous arrivons à AHERMOUMOU en fin d'après-midi.
Il fait très froid et le sol est très boueux mais malgré cela nous décidons
de faire une ballade à motos tous les quatre bien couverts !
Les chiens courent en tous sens, trop heureux de se dégourdir enfin les pattes et les garçons roulent ...
en tous sens trop heureux de faire les fous !
Et ce qui était prévisible arriva : Jibé s'embourba jusqu'à mi-essieu !
Nous n'avons pas d'autre choix que de rentrer sur la moto de Daniel : Guylaine derrière le
conducteur avec Ulysse entre eux, moi derrière Guylaine et Voltaire sur le réservoir !
A quatre sur une trial ... il faut déjà le faire mais avec deux chiens c'est épique ! Quant à Jibé,
Daniel y retournera pour le tracter !
Nous sommes arrivés transis à la nuit chez le toubib dont la bicoque n'était chauffée que par une
cheminée qui dégageait plus de fumée à l'intérieur qu'à l'extérieur ! Même les chiens ont eu besoin
d'une couette pour ne pas crever de froid !!!
Pour nous réchauffer, le toubib avait un remède miracle, djellabas de laine et ...
alcool à 90° + jus d'orange.... Raide !!!
Au déjeuner du lendemain, bien couverts sous le timide soleil d'hiver,
nous casse-croûtons dans le jardin.
Une surprise nous y attendait : un ânon nous pose son doux museau sur les genoux et
réclame sa part ! Son nom est "âneversaire" car un des patients bledar du coin l'a
offert au toubib pour son anniversaire !
Les mecs partent en ballade à motos et Guylaine et moi décidons de nous
promener le long d'un petit chemin charmant dominant toute la vallée en
contrebas et d'où nous pouvons apercevoir le Bouiblane,
longue chaîne de montagnes enneigées, ainsi que la fameuse
caserne des cadets de Skhirat. Le soleil, le ciel bleu, les cultures d'oliviers
en restanques, les maisons de terre cuite, les chèvres, les ânes et
NOUS SEULES pour admirer tout cela ! Le rêve !
Le lendemain nous partons en reconnaissance dans le coin et là c'est l'extase !
Jamais je n'ai vu dans un seul endroit autant de merveilles de la nature et
de possibilités de distractions : cascades,
source résurgente formant un petit lac et entourée d'un cirque
qu'on aurait cru fait par les romains,
... rivière à truites, paysages superbes et.... le BOUIBLANE (3190 m) avec sa neige
épaisse et ses cèdres centenaires où nous nous rendons !
Le gardien du refuge, un grand gaillard barbu ressemblant à un roi mage, vit là tel un ermite.
Il nous accueille avec un bon sourire et bavarde avec nous.
Le toubib, commence l'escalade de la montagne à pied avec ses skis sur l'épaule
(30 mn de montée pour juste une petite descente de 5 mn !) pendant que les garçons
font du trial dans la neige et que nous jouons avec les chiens,
ravis mais marchant "pattes levées" !
Sur la route du retour de nombreux gués, dus à la fonte des neiges,
ralentissent notre progression mais sont prétexte à de grands éclats de rire !
Pour les amoureux de la nature pure et dure, cet endroit
dont aucun guide touristique ne parle (et j'en
suis profondément étonnée) est un endroit paradisiaque !
Ce fut l'un de mes plus beau et bon week-end marocain !
J'aimerai tant y retourner ... et pourtant je sais
que ce ne serait plus pareil et que le coin risque d'avoir changé !
Je dédie ce post à notre pote Daniel en espérant qu'il le lira
un jour (je ferai en sorte que ...!!!).


















