LES KSOURS DE OUARZAZATE ET AIT BENHADDOU
Nous
quittons Marrakech ce jour là pour une montée vers
Ouarzazate, la cité berbère. Après une route
interminable toute en lacets, nous passons le col du Tizi n'Tichka à
2260 m d'altitude et le paysage se désertifie. Une brume de chaleur voile le paysage à la "Hamilton".
Jusque là nous avions rencontré des plaines et des vallons verdoyants et cultivés (surtout du blé) et des cultures en restanques me rappellant la Provence !
Nous croisons des paysans avec des outils qui me rappellent exactement ceux de Félix quand il "ouvre" ses séguias pour arroser son jardin.
Le fourrage est porté à dos d'âne ... J'ai toujours connu cela depuis mon enfance ... De ce côté là, rien n'a changé !
La terre est rouge, argileuse, semée de grosses pierres volcaniques. Au loin, des Demoiselles Coiffées comme à Théus et Serre Ponçon (colonnes de pierre friable supportant des pierres granitiques).

De ci de là, quelques villages aux maisons faites de torchi exibent leurs paraboles. Surprenante vision de modernisme dans ce désert !
Et des ruines de Ksour (petites forteresses) nous donnent un avant-goût de ce que nous allons voir plus loin.
Enfin, nous devinons à l'horizon Ouarzazate, grand ksar "posé" sur une colline. Autour, en contrebas, la ville nouvelle s'étend sur l'horizon.
Nous "volons" vers ce "téton" de l'histoire (*) mais sommes déçus à l'arrivée : l'entrée du village fortifié semble être réservée aux touristes ! Qu'à cela ne tienne, nous contournons l'obstacle et passons par la "porte de service" ! En suivant des gamins rentrant de l'école dans le dédale des petites ruelles sombres nous découvrons la VRAIE Ouarzazate.
Ici des briques de terre cuite faites à la main sont stockées ...

... là nous grimpons tout en haut d'une terrasse d'où la vue est magnifique. Des tapis superbes sèchent au soleil brûlant ...
Des femmes remplissent leurs bidons à la fontaine après s'être rafraîchies.
Les
autochtones sont très accueillants et nous offrent le thé
à la menthe que nous buvons en famille.

Après 30 kms d'une route déserte au milieu de roches « torturées » et comme plissées par le vent, le soleil déjà très bas les éclairant de pourpre, nous découvrons enfin Aït Benhaddou, autre ksar plus imposant dominant la vallée d'Ounila que l'oued el Maleh inonde bien souvent à la fonte des neiges.

Le ksar d'Aït Benhaddou se dresse majestueux, gigantesque !
(Le site date du 18ème siècle et certains vestiges le feraient remonter aux Almoravides - XI ème-. Selon la tradition orale, le site servait de point de transit aux caravanes de négoce qui sillonnaient la route commerciale reliant le Soudan à Marrakech via l'oued Draâ).
Nous
contemplons ce chef d'oeuvre centenaire (**) de loin, ce qui nous
donne une vue d'ensemble grandiose et inénarable. Les
photos parlent d'elles même !






Un mur en pisé
Un grenadier juste en-dessous de moi dans un coquet petit jardin.
La lune nous fait de l'oeil dans la descente du Tizi n'Test et, épuisés nous n'avons qu'une hâte : retrouver notre bon lit douillet à l'hôtel ! Ces 11 heures de route nous ont épuisé mais il eut été dommage de ne pas voir ces paysages au moins une fois dans notre vie.
(*)
L'occupation de la ville de Ouarzazate date de la nuit des temps. En
effet, plusieurs gravures rupestres témoignant des temps
préhistoriques ont été trouvées dans la
ville et ses alentours. Cependant, la cité reste une énigme
pour les archéologues.
(**) L'UNESCO a "pris sous
son aile" les ksours de Ouarzazate et Aït Benhaddou et
participe à leur remise en état.



















