THEÂTRE-MUSEE DALI A FIGUERES
ça y est, nous y sommes ! La frontière telle que je l'ai connue lors de mes vacances enfantines du Maroc à la France. En bas à droite Portbou, première ville côtière espagnole et ENFIN, le panneau indiquant FIGUERES avec le théâtre-musée DALI où nous attend un "spectacle" gigantesque qui, à notre grand regret, n'est pas "complet" puisque certaines oeuvres se trouvent à New York (dont la montre molle ...) ! Grrrrrrr .............. !!!

Un avant-goût sur une place de Figueres ...

Et dans la perspective du clocher de l'église Sant Pere, apparaît la coupole géodésique ...


Des petits pains "bibendum Michelin" décorent la façade rougeâtre ...

Mannequin de style "Art Déco" moulé dans de la matière synthétique dorée ...

Au fond, la tour Galatea édifié en l'honneur de Gala. Les oeufs semblent représenter la vie (?). Je n'ai trouvé aucune mention à ce sujet dans mon livre ...

Hommage au génie de la philosophie catalane, Francesc Pujols, ami de la famille Dali : "La pensée catalane ressurgit toujours et survit à ceux, naïfs, qui veulent l'enterrer" ... Ce monument se compose de racine d'olivier millénaire dont le tronc est couvert d'une toge romaine de couleur blanche et dont la tête est représentée par un oeuf doré soutenue d'une main dans une attitude semblable au "Penseur de Rodin".
Dans l'ensemble apparaissent également un buste de marbre d'un patricien romain et la tête en bronze de Francesc Pujols ainsi qu'une allusion à la science représenté par l'atome d'hydrogène (en forme de citrouille dorée) qu'on retrouve un peu partout à l'extérieur du Théâtre-musée.

Sur la place, l'un des trois hommages rendu au peintre français Meissonier repose sur un pile de pneus et à droite au fond, encore l'atome d'hydrogène, motif iconographique dalinien.
A lire avant "la visite" ... hihihi !
Mais pénétrons dans le frais PATIO :

Venus Velata d'Olivier Brice
Les murs arrondis couverts de lierre où sont enchassées dans des fenêtres les mannequins Art Déco dans différentes positions ainsi qu'une multitude d'oeuvres intéressantes ...

Sculpture fantasmagorique ou monstre "grotesques" créés en 1975 avec la collaboration d'Antoni Pixtot


Jarres d'albâtre installée de 1984 à 1989 qui s'illuminent la nuit

Bas-reliefs de la série "Arts et offices" réalisés par le sculpteur Guillot et le céramiste Muller pour l'exposition universelle de 1900.
Deux réverbères du métro de Paris (Architecte Hector Guimard) coiffent la porte centrale encadrant une sculpture du visage de Dali. A leurs pieds des escargots fossiles des Pyrénées.



Dans l'une des quatre niches du premier étage, un personnage de chaîne de bronze intitulé "Hommage à Bracelli", peintre maniériste du XVIIe siècle qui intéresse Dali par sa capacité à déformer et réinterpréter la figure humaine !

La barque qui, avec le parapluie (on peut à l'aide d'une pièce de monnaie le faire se déployer et se fermer et provoquer de la pluie à l'intérieur de la cadillac) couronne le montage au-dessus du "Taxi pluvieux" (4ème reproduction - Les autres étant détruites), font de cet édifice surréaliste le plus grand du monde. On voit parfaitement bien ici l'esclave de Michel-Ange dalinisé, peint en noir et ceinturé d'un pneu en travers du corps. Deux béquilles jaunes soutiennent la barque. Les gouttes d'eau bleues qui pendent sous la quille du navire sont très "imagées".

La Cadillac offerte à Gala pour leurs séjours aux Etats-Unis. Dali affirmait qu'il n'en existait que six exemplaires dont un appartenant à Al Capone (d'où peut être son interprétation de la scène intérieur du véhicule et la vitre brisée ?).

Sur le capot, tel un bouchon de radiateur, la sculpture de la reine Esther : la Grande Esther (1968-1973), cadeau de l'artiste autrichien Ernst Fuchs, considété par Dali comme une préfiguration des Nanas de Niki de Saint-Phalle.


Une pensée pour "Grain de Sel" ... (hihihi)... et son "amour" pour les proues féminines aux seins nus !

On peut voir sur cette photo les lavabos fluorescents qui sont "incrustés" dans le mur rond de l'enceinte du patio. Dali affirme : "Bien avant les pyramides d'Egypte, très longtemps avant la gare de Perpignan, depuis les débuts de l'Homo erectus, la première vision de son âme fut celle d'un lavabo d'une blancheur immaculée de la marque Roca découpé dans la figure catégorique d'un T illuminé par le soleil" ...
Pénétrons sous LA COUPOLE de Pinero, vraie scène théâtrale où le corps de l'artiste a été enterré selon son désir. En août 1972, Dali déclare dans la revue Arquitectura : "... Et rien de plus brillant et bien trouvé que cette coupole de Pinero qui, lorsqu'on la voit de tous ses côtés, semble posséder d'autres structures et que toutes ces structures finissent par se synthétiser en une glorieuse lumière pérenne..." Il dit également en de maintes occasions que la coupole est pour lui le symbole de l'unité et de la monarchie.
Les photos au flash étant ABSOLUMENT INTERDITES, j'ai fait "comme j'ai pu" et vous voudrez bien excuser la mauvaise qualité de certains clichés ...



Quelqu'un s'amuse bien avec le parapluie dans le patio juste en dessous ... hihihi !

L'énorme rideau inspiré du mythe de Thésée et Ariane et évoquant l'île des morts de Böcklin. Les rochers dans la mer sont une référence au paysage de Cap de Creus que l'artiste évoque dans son oeuvre de manière insistante.
Je n'ai malheureusement pas photographié chaque détail de la "crypte" ... ni la discrète pierre tombale située au centre de la pièce.

Moïse et le monothéisme
Remarquez l'immense huile photographique sur le mur de gauche. Elle représente Gala nue regardant la mer qui à 18 mètres apparaît le président Lincoln (1975). Anticipation de Dali et premier exemple de l'utilisation d'une image numérisée dans la peinture.

Serait-ce Saint Georges terrassant le dragon ?
Voici ensuite un "pèle mêle" des oeuvres de l'artistes vues au gré de nos pas dans les salles étagées :
Quelques dessins dans la salle "Vie secrète de Dali" :



Ici une petite partie du visage de Mae West que nous n'avons pas vu en entier à travers la lentille qui pend sous le ventre d'un chameau (!) ... Trop de monde agglutiné autour de l'échelle !
Baignoire inversée fixée au plafond de la salle Mae West

Je regrette de n'avoir pris que le haut de cette femme surréaliste car elle repose sur un pied (!) fait de mains entrelacées. Remarquez sur sa tête la baguette et l'encrier représentant l'Angélus de Millet. Sur son visage, les petites marques noires sont des fourmis ! Deux maïs pendent le long de ses épaules. En fond, des plumages de faisans.

Partie droite de l'immense plafond du Palais du Vent.

Déguisements conçus par Dali et la maison Dior en 1951
Le lit en forme de coquille qui provient de la légendaire maison de prostitution parisienne Le Chabanais et qui, semble-t-il appartint à la Castiglioni, l'une des favorites de Napoléon III.

La baignoire provient elle aussi de la célèbre maison close et Dali, confortablement installé dedans y a concédé quelques interviews ...

Holos ! Holos ! Vélasquez ! Gabor ! (vers 1972-1973). Hologramme en 3D représentant des joueurs de cartes buvant de la bière avec comme toile de fond Las Meninas de Vélasquez

J'ai flashé pour ce buste fait, semble-t-il, en matière synthétique (?) et dont les lignes sont divines !

Amusant collage géant peint dont le sexe est présent mais le corps embivalant ...

La princesse cybernétique faite avec des plaques de circuits imprimés et entourée d'un paravent tapissé de soie aux motifs orientaux.

La chaise : montage stéréoscopique de Dali peignant Gala avec des photographies des huiles
Aurore, midi, après-midi et crépuscule (1979). Huile sur contreplaqué. Vertigineuse vibration des couleurs sortant tout droit du tube ... Dali ici représente le passage du temps en une seule oeuvre en jouant des ombres ...
Cuant cau, cau (Quand ça tombe, ça tombe) - 1972, 1973. Nature morte de style hollandais acquise par l'artiste à paris et dalinisée. Toujours en hommage à son ami le philosophe catalan Francesc Pujols. Cette toile "transformée" est à regarder dans le détail : voir les nez des deux femmes, l'horloge où le temps coule et se termine en bulles, etc...

Ce gallinacé ventru, couronné et noir aux jambes humaines et portant en lui la tête d'un roi chinois (?) m'a beaucoup amusé ...

Et pour rester dans le monde animal, quelques moutons douillets et ... à tiroirs ... pour cette belle demoiselle dont j'ignore le nom ...

... et cet éléphant aux pattes de rapace ... : zoosynthèse surréaliste !

Oeuvre de la dernière époque.
Suivant les ordres de Dali, les huiles d'Antoni Pixtot occupent le fond du couloir du deuxième étage. Mélange de minéraux et de lichens d'un réalisme surprenant !

L'une des allégorie de la mémoire (1979)

Toréador lichéné !

Détail de lichens ... Je me demande d'ailleurs s'ils ne sont pas collés sur la toile ?!

"Conficius nous roula comme des chinois ..."

Je terminerai donc cette visite du Théâtre-musée par une sculpture ravissante copiant la cambrure du tronc d'une glycine centenaire encore fleurie ...
J'ai pris un immense plaisir à étudier, lire, relire, chercher la documentation qui renseigne les photos ci-dessus. J'y ai appris beaucoup et espère qu'il en sera de même pour vous. J'ai aimé profondément les "élucubrations" daliniennes et la maîtrise de l'artiste dans les oeuvres "sérieuses" ... J'y retournerai, je l'espère, pour me "perdre" dans cet endroit magique où l'art est utilisé pour occuper l'esprit plus que pour embellir ... Quoique ...! C'est un vrai divertissement où l'humour a une grande place. Monsieur DALI est UNIQUE et je lui rends hommage ici bien respectueusement.
Toute sa vie résumée ICI
et LA
Après une telle visite un peu de repos s'imposait ! Nous nous sommes donc assis à la terrasse d'un café face au Musée où j'ai eu le bonheur de boire deux grands verres d'horchata de chufa (prononciation plus facile en espagnol qu'en catalan !).
L'horchata des chufa est coposée d'orgeat de souchet, orxata de xufa en catalan et en valencien). C'est une boisson sucrée à base de jus de souchet. Ce lait végétal est typique de la région de Valence, en Espagne, où il est très populaire. Servie glacée, parfois avec de la glace pilée (granizado), l'horchata est non seulement rafraîchissante mais aussi très nutritive. Elle se déguste traditionnellement avec des petits pains appelés fartons.
Nous avons ensuite regagné la frontière non sans mal ... Une queue de fous des achats "moins chers en Espagne" (tabac, alcool, etc...) nous a retardé d'une bonne heure mais nous avons pu rejoindre nos amis à Gruissan près de Narbonne à une heure descente pour le dîner. Mais ceci est un autre épisode que j'éviterai de mettre ici car il rallongerait trop ce bien LONG post ...





















