SAUMUR
Je dédie ce post à mon amie Marie-Annick et à son époux.
Début novembre 2010, alors que je rendais visite à mon amie Marie-Annick et son époux qui habitent Angers, ces derniers m'ont gentiment fait visiter la région dont cette belle ville de Saumur. Une bien agréable balade mais malheureusement, le soleil n'était pas de la partie ...
EN CHEMIN en longeant les bords de la Loire =



Le bistrot 'La Gabare" nous donne le nom des bateaux ci-dessous !


Le Gabare = bateau à fond plat
La gabare ou gabarre (de l'occitan gabarra) est un type de bateau traditionnel dédié au transport de marchandise. Deux types de navires sont désignés par ce mot : les gabares fluviales et les gabares maritimes. Le terme gabarre ou gabare gabarros (du grec karabos, avec une métathèse entre le B et le R, coquille) désigne en fait plusieurs types de bateaux fluviaux de différents bassins de la façade atlantique (Loire, Sèvre niortaise, Charente, Dordogne, Garonne). Leur seul point commun est celui de tous les bateaux de transport fluviaux : le fond plat appelé « sole » qui lui permet, avec un faible tirant d'eau, de porter un maximum de charge. Assez souvent aussi, ces bateaux peuvent être gréés. WIKIPEDIA.


Automne flamboyant ...

"A la porte" de Saumur, le village de Saint-Hilaire-Saint-Florent et ses nombreuses caves de vin champagnisé. Une visite de l'une d'entre elles s'imposait !
"Les vins mousseux de Saumur propagèrent d'excellente façon la réputation de la jolie ville. Cette industrie, introduite en Anjou par M. Ackermann vers 1820, ne tarda pas à acquérir une prospérité surprenante. Elle trouvait un milieu éminemment propice dans cette région de vignobles. Une promenade à Saumur serait incomplète sans une excursion à Saint-Hilaire Saint-Florent, localité toute voisine, presque une banlieue de la ville, et sans une visite aux installations des grandes maisons de champagnisation." http://www.france-pittoresque.com/lieux/37.htm

Un accueil très chaleureux.


Les collines de tuffeau, creusées depuis tant de siècles pour les besoins de la construction, offraient des caves merveilleuses, de températures variées et d'immense étendue.
ENTRONS DANS SAUMUR !
L’Ecole de Cavalerie
Dissoute en 1788, l’école de cavalerie est rétablie à Saumur en 1814, par une ordonnance et devient une école d’instruction des troupes à cheval destinée à former des instructeurs pour tous les régiments de cavalerie. Elle possède alors deux manèges, l’un militaire permettant de la formation des cadres en tant qu’instructeurs de la troupe, l’autre non militaire afin de former des officiers dans l’exercice de l’art équestre. Le 10 mars 1825, elle devient l’Ecole royale de cavalerie. Elle forme les instructeurs des troupes à cheval et instruit comme officiers les élèves sortant de l’école spéciale militaire de Saint- Cyr ayant choisi la cavalerie.
L’Ecole d’application de la Cavalerie
Dissoute en 1870, elle est recréée en 1879 sous le nom de « Ecole d’application de la cavalerie ». Outre ses missions traditionnelles, elle forme les sous-officiers souhaitant devenir officiers.
L’Ecole d’application de l’Arme Blindée Cavalerie
La disparition des unités montées et la mécanisation de toutes les unités de cavalerie ont transformé définitivement l’école de Saumur en école des troupes mécanisées et blindées. A ce titre, elle forme la totalité des cadres des unités blindées françaises.
Un style
Aujourd’hui, l’Ecole, bien que tournée résolument vers l’avenir, perpétue les traditions de la Cavalerie. Elle puise ses forces dans un passé prestigieux , dans la fidélité à l’esprit cavalier fait d’initiative, d’audace, de panache mais dotée des installations les plus modernes, elle fait siens les apports des technologies nouvelles afin d’accroître la capacité opérationnelle de ses unités. Faisant rimer avec naturel simulation et équitation, elle forge donc l’encadrement des forces blindées d’aujourd’hui et de demain en ayant recours à des méthodes éprouvées et des techniques d’avant-garde. En la quittant, les jeunes cadres sont aptes d’emblée à s’engager dans toutes les configurations requises par les opérations actuelles, tout en maîtrisant les matériels les plus modernes. http://www.abc.terre.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique25

LE CHÂTEAU
Dès l'entrée dans Saumur, le château domine ! Mes amis m'y emmène aussitôt pour que je puisse encore profiter du peu de lumière (!) =
Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud le Tricheur, comte de Blois, au Xe siècle. En 1026, il devint propriété du comte d'Anjou, le célèbre Foulques Nerra qui le légua à ses héritiers Plantagenêt. Philippe Auguste, roi de France et capétien, l'annexa à la couronne. En 1227, Saint Louis fait rehausser le fort devenu français puis, à partir de 1367, Louis Ier d'Anjou, petit-fils de Philippe VI, fait remplacer les vieilles tours rondes par des tours octogonales. Le roi René d'Anjou, « bon roi René », écrivain, homme cultivé et bâtisseur de forteresse (Tarascon) améliore sensiblement le confort de l'ensemble du château qu'il surnomme le « château d'amour ». Au XVIe siècle, l'italien Bartolomeo renforce les défenses du château. Précurseur, il fit construire autour du château médiéval des défenses basses, des fortins (bastions) et courtines suivant un plan en étoile étonnement moderne un siècle avant Vauban. Moins glorieux, le château devint prison sous Louis XIV et Napoléon, puis un dépôt de munitions. Au début du XXe siècle, la ville rachète le château à l'État et le rénove progressivement, y installe le musée des arts décoratifs ainsi que celui du Harnachement.

Du haut de ce perchoir, une vue magnifique sur la Loire et Saumur en contrebas, ...

... sur le château, ...

... et ses vignes !

Dépendances et puits du château.

Nous descendons à pied vers le centre-ville et le chemin en surplomb nous donne une vue très particulière sur les toits en contrebas ! Je suis impressionnée par ce magnifique clocher tors de l'église Saint-Pierre (tordu de gauche à droite) !

En bas à gauche celui de l'église St Pierre de Saumur. Les autres clochers trouvés sur Wikipédia.

LA MAISON DES COMPAGNONS
La magnifique maison des Compagnons de Saumur (XVe siècle) et ses toits ressemblant à des chapeaux au bords incurvés.
"La Maison ancienne, dite "Maison des Compagnons" date du XVe siècle. Elle est la seule maison qui ait subsisté du quartier situé entre le château et la place Saint-Pierre. La maison est en ruine quand elle est cédée pour un franc symbolique à l'Association Ouvrière des Compagnons du Devoir. Elle a été réhabilitée en 1982. On y installe un centre de formation des apprentis Tailleurs de Pierre."

Tout a été restauré par les Compagnons au fil des années. L'un des six Compagnons sédentaires nous a aimablement reçu.
o
L'auvent du porche ... : une merveille !

Du meilleur effet, ce mur à pans de bois croisés, hourdés de briques et sa jardinière de tuffeau plantée de pensées colorées !

J'avoue avoir été émerveillée par ces jouées arrondies ... Quelle maîtrise !

Celles-ci sont en chantier ...
L'ardoise est une pierre schisteuse qui résiste très bien aux éléments. En effet, elle est non poreuse et donc non sensible au gel, inaltérable aux agents atmosphériques (acides des fumées, sel marin, etc.) et incombustible. De formes différentes selon les pays et les traditions régionales, l'étanchéité est obtenue avec le recouvrement des plaques les unes par-dessus les autres. De couleur rouge, bleue, verte, grise ou noire selon les gisements, on la trouve particulièrement en Pays de Loire, en Bretagne, dans les Ardennes et en région parisienne où elle est une alternative au zinc car elle peut se poser sur des toits très pentus, voire verticaux.
Son usage en couverture remonte au 12ème siècle. En effet, dès cette époque en Anjou, on récupérait de l'ardoise dans des mines à ciel ouvert, les blocs servant à la construction des murs et les ardoises à la couverture (ces dernières ne représentent en effet que 3 à 5% de la matière extraite). De tous temps, l'ardoise d'Angers est la meilleure et la plus prestigieuse. Prestige tel d'ailleurs que son utilisation fut longtemps réservée à la construction de bâtiments d'Etat ou religieux et aux grands domaines privés et maisons bourgeoises.
http://www.travaux.com/dossier/toiture/97/Les-toitures-en-ardoise.html
L'ardoise
se taille aisément, la tuile, beaucoup moins. La bonne
tuile vient de Bourgogne, l'ardoise, d'Anjou. On
choisit donc l'ardoise ... http://www.travaux.com/dossier/toiture/97/Les-toitures-en-ardoise.html
La fontaine ...

Peu de temps après notre visite, le Compagnonnage était inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco !
Le
comité intergouvernemental des membres de l’Unesco, réuni du 15
au 19 novembre 2010 à Nairobi (Kenya), a inscrit aujourd’hui le
Compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des
identités par le métier, sur la liste représentative du patrimoine
culturel immatériel. Face à la mondialisation croissante, les
mesures de protection du patrimoine culturel immatériel (PCI) par
l’UNESCO sont un facteur important du maintien de la diversité
culturelle. Le Compagnonnage, réseau de transmission des savoirs
et des identités par le métier, a donc été inscrit dans
l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France.
En effet, le Compagnonnage constitue un système de transmission
des connaissances par l’apprentissage et la formation tout au long
de la vie qui s’adapte sans cesse à l’évolution des
environnements sociaux. Son
inscription sur la liste représentative va donc sensibiliser sur la
pertinence des systèmes traditionnels de transmission des
savoir-faire et savoir-être. http://www.compagnons-du-devoir.com/main.php?rub=A6
Le compas et l'équerre, deux des symboles du compagnonnage.
Les Compagnons du Devoir est le nom générique de plusieurs associations françaises, héritières des mouvements du compagnonnage nés à l’époque de la construction des cathédrales (vers le XIIe siècle), qui assurent à des jeunes gens, à partir de 15 ans, une formation à des métiers traditionnels, basée sur l’apprentissage, la vie en communauté et le voyage appelé tour de France. Depuis peu, elles accueillent aussi les jeunes filles en apprentissage. Une légende assez répandue cite Maître Jacques, le Roi Salomon et le Père Soubise en tant que fondateurs des compagnons.
La formation comprend trois niveaux :
Apprenti ou stagiaire : jeune qui suit une formation en alternance dans un « centre de formation d’apprenti » (CFA) pour obtenir un CAP. Pour devenir aspirant, l’apprenti doit réaliser une « maquette d’adoption ». A l'issue de la correction de cette maquette, la communauté des aspirants et compagnons jugeront si l'apprenti ou le stagiaire peut être « adopté » en qualité d'aspirant et ainsi faire partie de la communauté des Compagnons ;
Aspirant ou affilié: Jeune en cours de perfectionnement sur le « tour de France » ;
Compagnon : Aspirant qui a réalisé son travail de réception, le « chef-d'œuvre de réception » qui démontre ses capacités professionnelles.
Les passages d’un niveau à l’autre sont souvent assortis de rites traditionnels. L’hébergement des apprentis et des compagnons se fait dans des « maisons des Compagnons du Devoir » (du moins pour l'Association Ouvrière des Compagnons du Devoir) au moins 80 en France, plus quelques-unes dans d'autres pays du monde.
Les compagnons ont toujours cultivé certaines valeurs éthiques et une sorte de mystique réaliste du travail bien fait, de la richesse de l'expérience pratique et de la transmission des savoir-faire. Autour de « la Mère », dans chaque ville, ils puisaient auprès de leurs ainés un vrai métier. WIKIPEDIA.
Maquettes "modèles" ou pour entraîner les élèves.

Travail en cours sur une frise de tuffeau.
Le tuffeau, ou tufeau, est de la craie micacée ou sableuse à grain fin, de couleur blanche ou crème parfois jaunâtre, et contenant quelques paillettes de mica blanc (muscovite). Elle est extraite de carrières dans des strates de l'ère secondaire au crétacé supérieur, étage turonien. Cette pierre de taille tendre permet de bâtir et de réaliser les décors typiques de l'architecture de la Renaissance.
Le
tuffeau de la vallée
de la Loire, Touraine
et d'Anjou (Anjou
blanc), est employé en construction. Il est extrait le plus souvent
du sous-sol de coteaux bordant la rivière, créant ainsi des
galeries, ou des caves de plusieurs kilomètres. Les blocs de roche
extraits pouvaient ainsi être chargés sur des bateaux.
A l'intérieur, deux magnifiques maquettes, réalisées il y a bien des années, sont le témoin d'un art inestimable !
Mais quittons les Compagnons pour rejoindre la place Saint-Pierre et ses maisons à colombages :
PLACE SAINT-PIERRE
Maisons à pans de bois et
à colombages.

Façade de la maison du n° 3 bis construite au XVIe siècle. Décor de personnages sculptés dans les poutres verticales. Ils semblent être coiffés de plumes. A leurs pieds des figurines plus petites.


L'HÔTEL DE VILLE



Un bien bel édifice qui "héberge" également l'Office du Tourisme où une souriante et sympathique jeune fille m'a donné toute la documentation dont j'avais besoin (encore merci !).


J'ai beaucoup aimé ce bâtiment de nuit ++

Ouverture sur la Loire de l'intérieur de la cour qui va me permettre d'enchaîner sur =
LE PONT CESSART

La bataille de Saumur aura duré trois jours. Elle est perdue mais l'honneur est sauf.
"Le
3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à
l'Allemagne nazie. Dans un premier temps et jusqu'en mai 1940 rien ne
change vraiment pour notre pays, dans cette période dénommée "la
drôle de guerre". Ensuite les choses s'accélèrent. Le 18 juin
1940 les troupes ennemies sont aux portes de la ville. Saumur a été
déclarée ville ouverte par les autorités, mais les militaires de
l'école de cavalerie ne peuvent se résoudre à se rendre sans
combattre et décident de s'opposer à l'avancée de l'occupant. Ils
organisent un front de résistance sur 30 kilomètres entre le
Thoureil et Candes espérant contenir les Allemands au nord de la
Loire. Arrivant de Château-la-Vallière et Noyant, les troupes de la
Wehrmacht tentent d'entrer dans la ville par le Pont Napoléon. Pour
les en empêcher, les militaires français le font sauter dans la
nuit du 18 au 19 juin. Le viaduc du chemin de fer et le pont Cessart,
minés eux aussi sautent dans la journée du 19 juin. Puis ceux des
Rosiers, de Gennes, de Montsoreau. Les 550 élèves de l'École de
cavalerie et tous les soldats présents à leurs côtés : 240 élèves
du Train des équipages, 360 soldats de divers centres d'instruction
aux ordres du capitaine de Cadignan, 80 hommes commandés par le
capitaine de Monclos, 200 fantassins et mitrailleurs du 13ème
régiment de tirailleurs algériens, des cavaliers du 19ème régiment
de Dragons, le groupe franc motorisé du capitaine Neuchèze,
l'escadron de reconnaissance du capitaine Gobbe, 350 hommes du
bataillon d'infanterie de St Maixent se battent de toutes leurs
forces, mais ils sont trop peu nombreux face à l'ennemi. 2500 hommes
équipés de 24 blindés et de 33 pièces d'artillerie côté
français, 40 000 hommes équipés de 150 blindés et de 300 pièces
d'artillerie côté allemand.
Les Stukas de la Luftwaffe pilonnent
nos positions, nous n'avons aucun avion pour nous défendre, le
combat est inégal. Malgré la combativité des Français, un
escadron motorisé de la Wehrmacht ayant franchi la Loire sur le pont
de Port-Boulet resté debout après plusieurs tentatives de
destruction, entre dans Saumur le 21 juin. Des ponts de
bateaux jetés sur le fleuve permettent également aux soldats
de l'infanterie allemande d'investir la ville." http://1945-saumur.voila.net/
Une certaine émotion m'a étreint le coeur à l'écoute du récit de cette bataille perdue !



Du pont, une vue magnifique sur la ville et ses monuments +++

J'ai débuté mon post sur la ville de Saumur par le château et terminerai idem mais sous un autre angle et pas des moindres !
BON DIMANCHE !



















