ABBAYE DU THORONET
"Il n’est de vertu plus indispensable à nous tous que celle de l’humble simplicité." (Saint-Bernard). - (Cela va plaire à Jimidi ... hihihi !) - Et l'abbaye en est l'exemple : simplicité certes, mais pureté des murs en pierres jointées à sec ; dépouillement certes, mais l'oeil reste imprégné par l'ensemble quand le soleil exalte les courbes, pare la pierre de couleurs ; austère certes, mais solide et rassurante.
Au détour d’une petite route de Provence se cache cette magnifique abbaye cistercienne bâtie entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle.
Cette abbaye est fondée dans la deuxième moitié du XIIe siècle par des religieux venus de l’abbaye de Mazan (Ardèche). La construction débute dans les années 1160 et se poursuit jusque vers 1230.
L’abbaye du Thoronet est l’une des « trois soeurs », groupe d’abbayes cisterciennes provençales formé par Senanque et Silvacane en plus de celle-ci. Toutes trois présentent les caractéristiques de l’architecture cistercienne : pureté, dépouillement, harmonie…
Délaissée après 1789, elle est redécouverte par Mérimée et finalement restaurée à partir des années 1840. Aujourd’hui, on peut visiter l’église, le cloître et plusieurs bâtiments qui abritaient autrefois les religieux. L’architecture cistercienne se reconnaît ici dans le dépouillement de l’ensemble : par exemple, les chapiteaux du cloître portent une ornementation très discrète. Toutefois, cette décoration est à ne pas manquer : on y découvre des langues, en référence à l’importance des chants religieux (particulièrement grande au sein de l’ordre cistercien). Ce cloître possède une autre particularité : il est construit sur un terrain légèrement en pente, ce qui fait que son parcours n’est pas plan : il faudra monter quelques marches pour parvenir à l’église.
Celle-ci présente elle aussi des proportions harmonieuses et un intérieur dépouillé où les jeux de lumière furent subtilement créés. Quelques fragments de peinture murale ornent encore les absides : toutefois, elles sont beaucoup plus récentes que le bâtiment lui-même puisqu’elles sont datées du XVIIIe siècle. En été, les guides font quelques vocalises dans le chœur afin faire entendre et comprendre l’acoustique du lieu. Émotion garantie!
D’autres salles sont à découvrir au cours de la visite : la salle capitulaire (où se trouve l’unique croisée d’ogives du site, seul élément gothique de l’abbaye) et différentes salles de la vie des religieux (dortoir, terrasse…). On peut aussi parcourir les jardins, restitués en partie.
http://www.info-histoire.com/coup-de-coeur/606/abbaye-du-thoronet-var/
Photo du Net

L'entrée fait penser à un château fort avec sa tour de guet ...



La porte s'ouvrait sur un monde de paix intérieure et de silence, propice à la relation avec Dieu.

Le premier bâtiment que l'on voit est l'abbatiale (église d'une abbaye ou d'un monastère - abbatiale - abbacia ou abbatia en latin).

Le clocher date de 1160/1180. La flèche de pierre est haute de 30 mètres.
Sur la gauche, des ruines brisent la rigueur de l'ensemble ...



ENTRONS DANS L'ABBATIALE =


L'abside

A droite du choeur, ce petit autel dans une niche où restent encore apparentes des peintures du 18e siècle représentant des anges.

Je n'ai pris aucune photo au flash afin de laisser à la lumière le moyen de "s'exprimer".

Les fenêtres sont rares et étroites, percées dans des murs de 1,60 à 1,80 mètre d’épaisseur. Elles sont au nombre de quatorze, fermées par des vitraux en grisaille. Le dépouillement est total mais l’architecture est transformée sous l’effet de la lumière. On en est parfois venu jusqu’à considérer Le Thoronet comme un temple manichéen de la lumière… Elle donne à l’architecture son mouvement, sa forme et sa vie : elle paraît sculpter la pierre, le levant et le couchant, coïncidant avec les heures les plus importantes de l’office du jour. WIKIPEDIA.

Les dalles de pierre du sol prennent des teintes rosées et jaunes selon l'éclairage de la journée ...

... tout comme les murs autour des vitraux.
Un concert ayant lieu en soirée, des estrades barraient le passage vers le choeur ce qui m'a obligée à zoomer sur cette Vierge à l'enfant aux lignes très pures sculptées dans le bois.

Idem pour ce Saint (est-ce Saint-Benoît, patron des ouvriers agricoles ???)
Outre la lumière, ce qui nous a le plus interpellé et émotionné, est l'acoustique exceptionnelle de l'abbatiale. Notre guide en fait démonstration ICI. Il a réussi à me donner la chair de poule !!!
L’acoustique, avec son écho forcément prolongé, impose au chant un style particulier et une discipline : les chanteurs doivent chanter lentement et à l’unisson.
L’abbaye du Thoronet possède une acoustique unique au monde. Lorsque les conditions sont réunies, les voûtes soutiennent la résonance du chant durant plus de 12 secondes, exaltant chaque fréquence avec la même intensité. Cela exige des chantres qu’ils utilisent un répertoire traditionnel non tempéré. Rien ne s’y prête mieux que le Grégorien, au point qu’on ne sait plus guère si c’est le Thoronet qui a été conçu pour ce chant ou si le chant grégorien avait été préparé pour se dilater un jour sous ces voûtes. Qu’elle joie pour les oreilles musicales autant que pour les néophytes d’entendre fleurir le bouquet des harmoniques lors de l’offertoire ! Ces « voix angéliques » qui semblent se poser sur celles du chœur étaient, pour les moines du Moyen Age, l’image de la louange céleste à laquelle se joint celle de l’Eglise pèlerine.
http://www.diocese-frejus-toulon.com/Des-chantres-a-l-abbaye-du.html

Nous quittons l'église abbatiale en passant par la galerie qui entoure le jardin du cloître afin de nous rendre au réfectoire des moines.
LE LAVABO ET LE REFECTOIRE =

Aperçu sur le cloître

LE LAVABO

Le toit est une coupole de pierre à cinq pans, soutenue par six ogives.


Le lavabo et ses 16 robinets.


Le lavabo est considéré comme l’un des plus purs exemples de lavabo cistercien. Il fait saillie sur le préau du cloître avec lequel il communique. La disposition hexagonale du pavillon avait une signification symbolique en rapport avec la tradition gallo-romaine de construire ainsi le baptistère, peut-être en mémoire des six jarres d’eau transformées en vin à Cana.
Les moines entraient par groupes par une porte et ressortaient par l’autre. Seize robinets sont branchés à la vasque supérieure de 1,35 mètre de diamètre, reconstituée par François Roustan et Jules Formigé après 1900. Seule la vasque inférieure est authentique. À la fin du XIXe siècle, l’architecte Revoil, chargé de la restauration du lavabo, a découvert des éléments de canalisation. On sait que la technique employée à Silvacane (éléments de conduite d’eau creusés dans des blocs de calcaire, longs d’environ 90 centimètres et pouvant s’emboîter les uns dans les autres) nécessitait une taille que la qualité de la pierre du Thoronet ne permettait pas. WIKIPEDIA.
LE REFECTOIRE

A l'heure du déjeuner, la lumière devait pénétrer bien plus dans cette grande salle aux nombreuses ouvertures. Cette photo a été prise à 14h45 ! L'acoustique y est tout aussi exceptionnelle.




Nous empruntons cette petite porte pour accéder à la terrasse.
LA TERRASSE

D'ici, on peut voir les ouvertures vitrées donnant sur le réfectoire.
Vue presque entière à gauche sur le carré du cloître et petit aperçu des "ruches" du jardin des simples de Johan Creten, en hommage aux abeilles laborieuses, qui ressemblent à des têtes de cavaliers casqués du moyen-âge ...

... et que nous retrouvons également sur la terrasse, telles des sentinelles et représentant "la Communauté".




Sculptures en bronze patiné, fonte à la cire perdue (2010).

Je n'ai point vu d'abeilles mais Johane pause au milieu de l'oeuvre de Johan Creten et cela m'a amusée !
Des rigoles et des trous de récupération de l'eau de pluie sont aménagés partout dans l'abbaye comme ci-dessous :

... dans le cloître.
Vue à droite, dont le petit bâtiment hexagonale du lavabo.

Une dernière prise et nous redescendons pour voir le cloître.
LE CLOÎTRE
Il est le coeur de l'abbaye


Tout autour, des arcs doubles en demi-cercle, percés d'un oculus, s'ouvrent sur les bâtiments intérieurs, leur apportant la lumière nécessaire.



Nous y voyons d'autres ruches de Johan Creten, "Le jardin des Simples" quelque peu différentes des premières. Bronze patiné, soudé et taillé, fonte à la cire perdue (2010 - 2011).

LA SALLE CAPITULAIRE
Elle date de 1170 pour les murs et les colonnes, de 1200-1240 pour les voûtes d’ogives. L’importance du lieu est reflétée par la qualité de son architecture et de son décor. Elle est voûtée par six croisées d’ogives retombant sur deux colonnes dans l’axe central de la salle. Le procédé utilisé est celui – typiquement cistercien – de l’ogive se terminant dans le mur en fuseau, fréquent dans les abbayes méridionales et espagnoles. Le profil « en amande » de la voûte la rend encore plus légère et raffinée. Dans tous les monastères de l’Ordre, la salle capitulaire devait avoir au moins trois fenêtres à l’Est et trois baies à l’Ouest, sur le cloître, l’une servant d’accès, ce qui est bien respecté au Thoronet. WIKIPEDIA.

Vue sur le cloître ...

Un coup d'oeil à l'intérieur de la salle, seul lieu ou l'architecture a été conçue avec quelques éléments décoratifs.
Influence de gothique avec des voûtes sur croisées d'ogives reposant sur deux colonnes aux chapiteaux décorés.

Des bancs de pierres ont remplacé ceux en bois lors des restaurations. Les moines s'y installaient pour écouter le lecteur.

Le pupitre du lecteur était au milieu, entre les deux colonnes.





Une fleur à huit pétales, symbole de la perfection, de l'infini.


Les pommes de pin entrecroisées, dont le grain est serré dans l’austérité de la Règle, sont les symboles de la recherche de la sagesse. Selon l’abbé cistercien Gilbert de Hoiland, la multiplicité et l’humilité des grains cachés, les monades, les moines, sont contenues dans l’unité maternelle du fruit / du monastère. Fruit dur comme la Règle, qui ne s’ouvre qu’à la chaleur du soleil de vérité, et alors les graines / les moines, emportés par le vent, vont essaimer ailleurs filles et petites-filles. Ces pommes de pin ne sont pleinement illuminées qu’au couchant, alors que le soleil n’atteint la croix qu’à l’aurore. La main tenant une crosse du chapiteau Nord est le symbole de l’autorité de l’abbé. Il fut souvent enterré dans cette salle, afin que mort, sa mémoire ajoute à l’autorité de l’abbé vivant. WIKIPEDIA.



Une fleur à cinq pétales, symbole de l'harmonie et de l'équilibre. Une main tenant une crosse abbatiale dont j'ignore l'explication ?!

Encore quelques clichés des longs "couloirs"...


Gros plan sur ce sol usé par les pas des moines et qui a "entendu" tant de prières !

... une porte et nous nous dirigerons vers LE CELLIER.
LE CELLIER
Le cellier se présente actuellement sous la forme d’une longue pièce rectangulaire accolée à la galerie ouest du cloître, ce qui est une disposition habituelle. La forme du bâtiment n’est plus d’origine car celui-ci a connu de nombreux remaniements architecturaux. Une étude archéologique permettrait de déterminer les différentes périodes de transformations. Au XVIe siècle le cellier est transformé en cave à vin. Il reste actuellement des pressoirs, souvenir de cette époque. WIKIPEDIA.

En chemin, ce vieil escalier qui mène on ne sait où ?

Le cellier est vaste et frais. Il est couvert d'une belle voûte en berceau brisé.

En haut, la cuve à foulage où les moines piétinaient le raisin ...

... et dont le jus sortait par le trou ménagé dans le mur ... A gauche, on aperçoit la bonde.

L'une des ouvertures sur l'extérieur

Cuve à vin du XVIIIe siècle

Le pressoir à huile à vis et son réceptacle ...

Encadrement d'un très grand et vieux pressoir vermoulu ...

Cette photo vous en donne l'échelle !

La visite est terminée et nous ressortons dans le jardin ...


... où l'automne est bien là ...

... comme le montre ce feuillage rougeoyant !

Et c'est sur cette jolie fontaine moussue que je vous quitte en espérant que ce reportage vous donnera envie de venir visiter cette belle abbaye du Thoronet quand vous passerez dans le Var.


















